Synthèse de la situation économique et financière : Mai 2022.

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  1. Quelles sont les différentes mesures et les conséquences ?
  2. Zoom sur la situation européenne
  3. Boucle économique et sociale
  4. Quelles sont les solutions à ce niveau ?

“L’inflation résulte du contexte géopolitique et des actions de Poutine…”

La guerre est un phénomène d’accélération de l’inflation à travers les sanctions et la hausse des matières premières, mais il ne s’agit ni de la cause ni de la raison principale.

Il est plus facile d’accuser un choc extérieur que d’assumer la responsabilité d’une gestion catastrophique et beaucoup trop gourmande. Rappelons qu’on nous disait que l’inflation n’existait pas, puis qu’elle ne durerait pas puis finalement qu’elle était positive pour nous.

Une inflation à hauteur de 8% aux Etats-Unis, il s’agit d’un all time high depuis 1982. Face à cette hausse du niveau général des prix la Réserve fédérale annonce des mesures qui auront des conséquences lourdes sur l’économie mais qui sont nécessaires.

Source : Bloomberg

Quelles sont les différentes mesures et les conséquences ?

La première solution de la FED est l’augmentation progressive des taux, qui à elle seule ne changera pas grand chose face à une inflation si forte. Cependant, si elle maintient sa décision de couper la planche à billets alors on peut espérer un ralentissement de l’inflation.

S’il y a bien une conséquence de l’augmentation des taux, c’est le krach des marchés financiers. Sur les dernières années, les mouvements baissiers ont été évité par le maintien stratégique de la baisse des taux.

Ce que les marchés sont actuellement en train de vivre, c’est le contre-coup de quelques années sous opium. En effet, la planche à billets maintient les marchés financiers artificiellement en injectant de la liquidité et en générant des bulles spéculatives.

Il fallait bien se demander pourquoi les différents marchés enchainaient les records en contexte de ralentissement économique, confinement et crise sanitaire…

Nous sommes donc au même niveau (-15% sur le S&P500) que le krach du covid en 2020 sauf que les institutions n’ont plus d’outils pour contrôler la situation. Lors de la dernière baisse, on avait immédiatement baisser les taux et les marchés avaient réagit positivement.

Zoom sur la situation européenne

En parallèle, la BCE ne prend aucune décision car elle se trouve dans une position délicate. Comment augmenter les taux avec une dette italienne à hauteur de 155% du PIB ? Une augmentation des taux entrainera un emballement de la dette.

Pareil pour la dépréciation de l’euro, qui est un facteur générant de l’inflation où la BCE ne peut pas agir car en ne faisant rien l’Italie devient plus compétitive et réduit son déficit. On génère encore plus d’inflation car on tente de sauver l’économie à court-terme.

Parlons maintenant de spread, on compare les taux d’interêt avec l’Allemagne qui a une bonne gestion et des taux bas. Si on avait contrôlé l’écart Italie-Allemagne, on y retourne et sans aucune solution désormais.

Une nouvelle crise de la dette pour couronner le tout ? Les banques italiennes sont sous pression car leurs portefeuilles y sont fortement exposés, très ambiance 2008.

Donc si vous pensez que les mesures nationales nous aident à lutter contre l’inflation, il faut regarder à l’échelle européenne pour comprendre qu’il ne se passe strictement rien et qu’on continue de nourrir la bombe à retardement.

Mais il faudra agir tôt ou tard car les bulles spéculatives sont en train d’exploser. C’est certain que la BCE passera par la hausse des taux et on connait déjà les conséquences : crise du crédit, krach financier, récession, hausse du chômage, baisse de la croissance…

Avec la FED qui prend enfin les bonnes décisions, il faut également se poser les bonnes questions sur la compétitivité de l’euro/de la zone euro. La situation actuelle : détruire les pays du Sud ou laisser l’inflation détruire la zone euro?

Boucle économique et sociale

En ne faisant rien pour maitriser l’inflation, on risque une crise sociale à travers la baisse du pouvoir d’achat et la perte de confiance. Il n’y a qu’à comparer au Venezuela pour observer comment l’inflation peut détruire un pays et c’est le consommateur qui en paye le prix.

Cette crise sociale sera fortement alimentée par le creusement des inégalités car la perte du pouvoir d’achat pour les plus pauvres aura un impact sur la santé et provoquera sûrement l’augmentation des délits. On peut se questionner sur la disparition de la classe moyenne à terme

Le creusement des inégalités passe également par le système scolaire, où les échecs se multiplient en temps de récession. Les classes populaires vont privilégier le travail à l’éducation et les inégalités scolaires ne feront qu’augmenter.

Quelles sont les solutions à ce niveau ?

La décision la plus importante à prendre pour les banques centrales est de couper le robinet monétaire et d’enfin assumer les conséquences qui nous attendent depuis plusieurs années. Arrêter de rajouter de l’huile sur le feu comme le propose finalement la FED.

On tend de plus en plus vers un changement historique du système qui pourrait s’accompagner d’une annulation de dettes. Ce phénomène a déjà eu lieu aux Etats-Unis, Venezuela ou Allemagne et marque un changement total du système monétaire.

Une annulation des dettes détenues par les banques centrales, ou en tout cas une conversion possible qui passerait par une monétisation limitée de dépenses publiques (pour l’instant, c’est interdit).

Si on parle d’annulation, il s’agit évidement d’une partie des dettes pour ne pas fragiliser encore plus le modèle économique et financier. Si on a bidouillé des lois pour permettre le quantitative easing, pourquoi ne pas recommencer pour réparer les conséquences?

Il faut admettre que la situation actuelle est très complexe pour les banques centrales car toutes les décisions vont désormais avoir un impact sans nom sur l’économie et la société. Cependant, de nombreuses alertes ont été lancées sur le sujet et on a nié l’inflation en boucle.